De la chanson kabyle, avec ce premier album d'un chanteur que nous découvrons, Youcef Rekkas.
Comme pour les premiers romans, les premiers albums d'artistes inconnus sont parfois de vraies
réussites, et comme pour les premiers romans, ce sont les premiers moments qui donnent le ton
tout de suite. Ici, dès les premières minutes de la première chanson, on est séduit par la belle
voix douce,et convaincu par la musique. Des guitares espagnolisantes ici (l'Espagne est toute proche
de la kabylie), un violon malheureux ou une darbouka bien frappée là, un chant qui emprunte parfois
au chaâbi algérien,quelques instants d'un piano jazz, on a grand plaisir à écouter ce disque - sans
comprendre un mot,car Youcef Rekkas chante en kabyle. Auteur, compositeur et interprète, il a de
jolies mélodies qui font les bonnes chansons, et ses textes (traduits dans le livret) sont dans
la pure tradition de la poésie kabyle et des grands maitres du chaâbi.
d'amour passion qui consume et qui brûle, comme dans “D kem” (C'est toi):
La passion consumait mon c½ur
Son feu était mortel
Elle a fondu ma raison Ses cendres m'intoxiquaient
La nourriture dans la bouche M'était amère ...
Quelques chansons plus sociales aussi, comme “Di tmurt-iw” (Dans mon pays):
Les temps se précipitent
Ne laissant derrière eux nul bienfait (...)
Le pays est dans la confusion
Les journées sont sombres
Même la lune s'est éclipsée
Et déserte les nuits
Un premier album qui en promet d'autres tout aussi réussis !
l'album est en vente à la fnac et virgin.
Nadia Khouri-Dagher
(27/04/2009)
http://www.babelmed.net/index.php?c=4240&m=&k=&l=fr
